Journal de bord de la Capitaine - connu, inconnu et territoire à peut-être explorer

25 11 2009

Ce novembre de 16h et plus ressemblait décidément à un vieil ivrogne doux qui aurait eu le vin triste. Très très très triste au fur et à mesure que la soirée s'étirait. 

(Il est plutôt souvent chaud novembre cette année.)

Pas vraiment laid à vrai dire comme triste à en mourir si on se laisse glisser au fond de l'ambiance.

Ici, le DJ devrait partir la toune T'es le beau Raphaël de Mari-Jo Thério parce que c'est tout à fait ça.

Parole (s) ! 

Et  - vite - il faut écouter la chanson (la musique, les violons, la performance de MJT).

T'es le beau Raphaël

T'es mignon, t'es gentil

Mais pourquoi tu t'ennuies

À en pleurer

 

Tu fais danser les fous

Tu fais hurler les loups

Mais t'es tout seul

Tout seul à pleurer

 

De ta fenêtre, t'entends le vent

au beau milieu de la nuit

De ta fenêtre, t'entends le vent

Qui veut jouer avec ta vie

 

T'es le beau Raphaël

Tard, tard, tous les soirs

Tu fais la fête, tu joues la game

Et c'est tant pis

 

Mais pourquoi tu fais ça

T'entends même pas ta voix

Et t'es tout seul, tout seul

À en pleurer

 

De ta fenêtre, t'entends le vent

De ta fenêtre, t'entends le vent

Qui veut jouer avec ta vie

Source

 

Ca c'était pour le bulletin météo.

*

Bulletin humain : que des bonnes nouvelles concernant des choses en devenir. Je tape les doigts croisés.

Et une information intéressante :  Un défi  trente jours sans sucre que je relèverai peut-être en janvier prochain.  Histoire de vérifier comment mon niveau de bien-être au quotidien pourrait s'en trouver amélioré.

J'avais vraiment amélioré ça quand j'avais arrêté de fumer. Il y a maintenant oh! c'était avant l'extinction des dinosaures, j'ai oublié l'année exacte. Puis je l'ai encore amélioré en ajoutant plus de légumes et de fruits frais à mon alimentation. Parole de scout (bon, j'ai jamais été scout, mais ça n'empêche personne de faire une B.A. que je sache, et si partager ses bonnes expériences, si c'est pas faire une B.A... ).

"Pourquoi couper le sucre?
Il est estimé que les Nord-Américains consomment en moyenne 59 kilogrammes de sucre chaque année, soit 130 livres. Le sucre est néfaste puisqu'il nourrit les cellules cancéreuses, élève le taux de triglycérides, affaiblit votre système immunitaire en augmentant vos risques d'infections, contribue à l'obésité, le diabète, la maladie du Crohn et la maladie d'Alzeimer pour n'en nommer que quelques-unes. De plus, la consommation de sucre nuit à la digestion, peut augmenter les symptômes de SPM, favoriser la prolifération de Candida Albicans et l'eczéma. Le sucre nourrit les cellules cancéreuses et est lié au développement de plusieurs cancers dont le cancer du sein, des ovaires, de la prostate, du rectum, du pancréas, de l'estomac et de la vésicule biliaire. De plus, le sucre élève le taux de triglycérides et réduit l'immunition contre les infections bactériennes et virales."

Et parce que moi qui n'avais jamais eu la dent sucrée, il semble que je l'ai développée dernièrement. Pas de façon boulimique, et rien de grave, sauf que j'ai comme développé une certaine dépendance et là ça ne va pas avec mon caractère. J'ai arrêté de fumer en partie parce que je voulais "gagner" sur la cigarette, je voulais être la "boss" et non pas devoir me soumettre à cette dépendance à la nicotine (horreur et damnation! (quand j'ai commencé à fumer en cachette à l'âge de 12 ans, je ne savais même pas que ça existait la dépendance à la nicotine et quand j'en ai pris conscience je me suis rebellée : pas question que je sois la proie, esclave consentante et moutonne des compagnies de tabac. Non môssieur. Je suis devenue la Che Guevarette de la cigarette, drette là). Bon, le sucre c'est un peu pareil.

Je me demande si cette poussée de dent sucrée ne va pas de paire avec le fait de manger moins pour conserver mon poids santé, moins MAIS pas assez bien. Avec WW je compte les calories et j'ai un certain "budget" à équilibrer. Un aliment vaut tant de points et une dépense d'énergie vaut tant de points et je dois maintenir un nombre de points déterminé par mon âge, mon sexe et mes activités quotidiennes par jour pour maintenir mon poids de façon stable dans le temps, et ne pas le faire osciller de plus de 2 lbs en moins ou en plus si je ne veux pas perdre mon statut de membre à vie que j'ai acquis après avoir maintenu durant six semaines de suite mon poids à l'objectif que je m'étais fixé à l'intérieur de la fourchette de poid santé pour ma grandeur et mon sexe. De ce côté là, il n'y a pas de problème, je tiens la barre et je garde le cap comme une bonne petite capitaine que je suis et vogue le navire! Youpi! (laî, youpi lai).

Seulement, parfois, je mange mal, même si je respecte ce budget de point. Parce que bien manger demande une planification, une attention à notre alimetentation et du temps que mal manger ne demande pas.  Si je mange moins maintenant, parfois, sincèrement, je ne mange pas mieux.  Pas toujours, mais parfois. Donc, j'ai l'impression que j'ai envie de manger sucré pour combler certaines carences alimentaires (parce que j'ai besoin d'énergie). Bon d'accord, certaines carences affectives aussi, je sais que j'ai tendance à manger quand je suis fru, ce qui n'arrange rien au contraire, mais bon. Mais je miserais plus sur un esprit sain dans un corps sain, dans la situation actuelle. Intuition féminine. Ce qui fait que je sais fort bien que je dois accentuer mes efforts quant à l'acquisition de nouvelles connaissances et habitudes concernant une saine alimentaiton si je veux rester en santé et ne pas faire partie de la cohorte de ceux qui ont juste l'air de l'être. J'ai une vie à finir de vivre moi! Et j'ai besoin d'énergie pour mener à bien tous les projets que j'ai en tête. 

Et puis, développer de nouvelles habitudes, essayer des aliments nouveaux, vérifier si je vais renforcer encore mon bien-être au quotidien, tout ça m'intéresse au plus haut point.

Surtout que ça a l'air bon, par dessus le marché, ce défi sans sucre là, miam. Parce que moi, j'ai besoin que ce soit bon, sinon, rien, oubliez-moi.

Pour l'instant au dodo : je dors debout.




Journal de bord de la Capitaine - Bons Voyages

14 09 2009

Un tour de mondes non-virtuels à explorer me fait m'embarquer pour une traversée en solitaire vers des contrées de mon imaginaire à explorer, conquérir. Le temps est venu. Plus tard, c'est devenu maintenant.  Je me souhaite bons voyages. Voyages intérieurs où je ne sais ce que je découvrirai malgré mes a-priori.




Journal de bord de la Capitaine - entre capitaines

26 08 2009

Une bouteille de vin m'attendait avec elle sur la table, au serveur qui venait prendre notre commande un pichet d'eau glacée à la main pour remplir nos verres, elle dit anxieusement non-non, l'eau de cette ville me rend malade. Capitaine Haddocke ais-je pensé en riant intérieurement. Ici me faisait remarquer un ami à moi, me dit-elle aussi, avec une grimace, il n'y a nulle part où aller prendre seulement un verre, il faut absolument manger. Ca fait plus de 15 ans maintenant que j'habite cette ville et je n'avais jamais remarqué. Et l'eau, ici, n'a jamais rendu personne malade en aucun temps. Dans les mers intérieures dont les reflets arrivent jusqu'à moi par deux prunelles vertes d'eau aux lueurs changeantes, je sais que c'est un monde très différent du mien qui se tient en face de moi. Je rencontre souvent dans mes voyages de ces capitaines si semblables à moi dans leurs façons gitanes de vivre sauf pour ce qui est de couvrir leur âme en voyages d'alcool pour leur réchauffer le sang, comme on se couvre d'un manteau par temps froid et on dirait qu'elles naviguent continuellement en mers polaires, même au milieu des Antilles.    

 

Arthur Rimbaud  (1854-1891)

LE BATEAU IVRE

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Parce que bien sûr c'est toujours le bateau. Jamais le ou la capitaine.

 

 

 

Il y a des lunes que j'ai cessé de juger.

 

 

Mais je l'ai constaté dernièrement, j'ai cessé, depuis peu, mais complètement, de ressentir les morsuses de ma chienne de garde intérieure qui instinctivement et bien dressée pour le faire, me talonnait chaque fois pour aller "sauver" le ou la voyageuse égaré(e) (ou plutôt ce qui me semblait l'être). Ou quiconque d'ailleurs. J'ai infiniment plus d'humilité qu'en un certain temps donné, je ne crois plus que je sais ce qu'est la Voie, absolument, et encore moins pour les autres que pour moi.




Journal de bord de la capitaine - Jour d'été

11 07 2009

Il vente, il fait chaud, le ciel se couvre, l'orage couve, c'est très humide et dans mon léger haut sans manches et sans bretelles qui laisse en liberté beaucoup de dos, toutes les épaules et les bras, j'ai l'impression délicieuse de nager au milieu d'un lac. Les hommes de mon âge me reluquent avec intérêt, de haut en bas, de bas en haut. Je suis flattée. Je me sens bien parce que je sais qu'ils voient mon corps et ma personnalité. Quand j'étais trop grosse, j'avais les seins proéminents et le regard des hommes était fixé là, et c'est tout, j'en étais plutôt gênée qu'autre chose, dans tous les sens du terme. Maintenant, les regards scannent plus d'informations, captent plus de moi, j'ai l'impression d'exister et non pas d'être une paire de bouées et une naufragée flottant dans l'immensité.

Je sais que j'ai du chien, habillée comme je suis.  Pas à cause du haut qui laisse voir beaucoup de peau, mais à cause du tout et de ma silhouette qui sert de support adéquat à mon style personnel. J'aime les vêtements quand je les utilise, non pas pour m'habiller, mais comme matériaux pour exprimer ma créativité, ma personnalité profonde. Je suis contente de pouvoir me permettre le look que je veux.

Quand on a un surplus de poids, ou quand on est trop maigre (pour une femme - parce que les hommes, la maigreur, ça leur donne un genre. Alors que le surplus de poids convient bien aux femmes, je trouve, et dépare les hommes considérablement) on ne peut pas porter ce qu'on veut en dehors du poids santé. Maintenant je peux et j'ai du chien, je le sais. Et j'ai un plaisir fou à renouer avec la joie de pouvoir le faire. J'aime les hommes aussi, mais ils sont loin de ma peau, eux, une distance considérable, par rapport à  mes désirs profonds d'intimité vraie, je n'en porte aucun dans le coeur, c'est pourquoi c'est comme ça. J'aimerais bien, parce que je me sens nue sans amour ; ma créativité ne peut pas s'exprimer là comme je prends tant de plaisir à le faire partout, et par gros temps, c'est très froid. Mais dans l'instant présent je suis bien pourtant. Jusqu'à me demander si je ne m'illusionne pas à croire que je serais plus heureuse si j'étais en couple.

Serais-je nécessairement plus heureuse en couple? En couple, non. En amour : oui. C'est sûr. Ce qui ne veut pas dire que je sois ou devrais être malheureuse seule. Mais le fait que je sois très heureuse seule est une chose, souhaiter tomber en amour en est une autre. Nulle n'est une île et je ne suis ni nulle ni l'autre; femme, je veux être sel, je veux être ailes, LA femme.  

D'autres questions?




Journal de bord de la Capitaine - île déserte

01 07 2009

La dernière fois que j'ai répondu à la stupide question : qu'est-ce que j'apporterais sur une île déserte, j'ai répondu, mon portable. Voilà, je suis sur une île déserte et j'ai mon portable.




Journal de bord de la Capitaine - Voyage dans le temps

07 06 2009

Muses : la couleur du ciel au fond, le fond de l'air, l'air du temps, le temps qui passe.




Journal de bord de la capitaine - Naître Poissons ascendant Verseau

05 06 2009

C'est quoi. Lu ça hier dans un petit manuel d'astrologie par Michèle Curcio :

L'interprétation du signe zodiacal du Verseau nous a montré qu'il s'agissait chez le natif de donner tout et de donner à tous. Le natif du Verseau est encore assez réaliste, assez près du monde des faits et des choses courantes de la vie pour savoir à qui donner et que donner. C'est une âme généreuse toujours entourée de solliciteurs et qui ne sait rien garder pour soi.

On doit toujours songer, avec le Verseau, à l'influence de Saturne qui tend à détacher l'être des biens de ce monde et l'incliner à une philosophie très abstraite, hors du temps. Mais il y a aussi dans ce ciel, Uranus, qui suscite un grand intérêt pour la technique, pour les inventions les plus nouvelles et les plus surprenantes. L'action uranienne est sur terre, elle ne concerne ni l'âme, ni le coeur. Elle est très réaliste. C'est pour le Verseau une raison d'équilibre mental  et matériel : il ne négligera pas la réalité au profit de la seule philosophie.

Est-ce que l'ascendant Verseau va transmettre ces éléments au natif des Poissons?

Il faut d'abord que la psychologie du ''poissons'' soit apte à recevoir cette influence et à en tirer profit. Quelle est cette psychologie?

Le natif des Poissons, nous l'avon vu, n'a pas un grand sens pratique, il est plutôt porté vers les généralisations que vers les travaux pratiques.

Il est possible que la présence du Verseau modifie nettement cette tendance et lui donne un certain goût pour les innovations qui font la vie moderne.

En fait, bien qu'intéressé par les transformations de notre monde dues à la technique, le ''poissons' qui a le Verseau en ascendant commencera par prendre parmi les impulsions qui lui sont données les plus généralisatrices : il étendra volontier ces conceptions au monde entier et dépassera facilement sa propre personne et son proche entourage.

Toutefois, ceci est une vue philosophique du sujet. Dans la vie matérielle, et en dehors de ses tendances intellectuelles et affectives, le ''poissons'' deviendra quelqu'un de très moderne, bien adapté à son époque et près aux transformations les plus nouvelles.

Tout le monde ne peut pas être Chopin ou Galilée; mais tout le monde peut avoir l'âme grande, la philosophie vaste, l'attitude généreuse, et en même temps s'intéresser aux sciences, aux techniques, au progrès et à leurs applications utiles à l'existence matérielle et à la vie quotidienne.

Ce qui distinguera le ''poissons'' c'est une aspirations à voir ces progrès s'étendre au monde entier et venir au secours des groupes les moins favorisés; car un progrès réservé à une seule catégorie humaine n'intéresse jamais un natif des Poissons...

Celui-qui-sait, il m'a dit. Bon, à peu près ça.

Il me semble que je navigue avec cette carte du ciel mais sans boussole. La réalisation concrète de mes projets est pour bientôt, et pour l'instant je n'ai que la foi en ces projets pour les mener à bien.  Ça me semble bien mince parfois pour faire le voyage. Ça doit être - sourire - mon ascendant Verseau qui tiraille en ce moment. re-sourire.

 

 

 




Journal de bord de la Capitaine - home sweet homme

23 05 2009

Revenue à la cabine, frissonnante, dans la fraîcheur du soir, après un voyage astral au delà de la vie vert la mort éternelle avec les égyptiens anciens, leurs rites funéraires incroyablement tarabiscotés - ma foi, ils étaient atteints d'un genre de TOC (trouble obsessionel compulsif) mais grave, là, en ce qui concerne la mort. Et c'était même pas certain qu'ils allaient se rendre, non plus, ils glissaient plein d'amulettes magiques entre les bandelettes des momies, parce que hein, les hasards du voyage et tout et bon, je vous fais grâce de tout le bazar. Un zoom sur un détail :  il fallait passer par la pesée du coeur (siège de la pensée et des émotions pour eux) par le dieu à tête de chacal, Anubis. Si le coeur était plus léger qu'une plume (preuve d'avoir mené une vie bonne), le coeur pouvait continuer le périple, avec l'âme, la personnalité et... l'ombre! (et oui! ça vous suit jusque dans la mort, ça monsieur). Sinon il était dévoré et tant pis. Il fallait y penser avant.

Ils ne voyageaient pas léger en mort, ils apportaient tout leur barda.*

Ils faisaient aussi des momies d'animaux, les colonisateurs de la mort : crocodiles, faucons et bien sûr, chats. 

(photo de chat dubitatif par la fenêtre)

Bon c'est pas tout ça. On s'est bien amusés mais maintenant il y a le navire à ramener au port. 

 

 

* Seuls les nantis pouvaient se payer le voyage vers l'éternité, tous  les autres étaient jetés dans la fosse commune, et bien sûr, plus riches et puissants étaient les gens, plus sompteux était l'équipage et le trousseau du futur éternisé. La tombe d'un pharaon ne se compare avec aucune autre, par exemple, et à plus petite échelle, les amulettes magiques n'étaient pas gratuites non plus; plus on pouvait s'en payer, et plus on en mettait entre les bandelettes de la momie. De même les futurs morts éternels se payaient des esclaves pour travailler pour eux pour  l'éternité sous forme de statuettes placées dans leur tombeau qu'ils devaient bien sûr acheter. Plus on était riche et plus on pouvait se payer de serviteurs dans l'au-delà.

 

 




Journal de bord de la Capitaine - archéologie et incantations de chamans anciens

19 05 2009

Il m'a dit en me faisant entendre l'archaique incantation hypnotique :

- désert.

J'ai pensé désert, quel désert? Sur un bateau? en plein océan? Un désert.

Il m'a dit :

- J'ai bien dit désert. En appuyant sur le mot de tout le poids de son regard.

Parfois j'ai l'impression qu'il sait tout le temps à quoi je pense.

Il a dit :

- Si tu te fermais la g... de temps en temps on saurait moins à quoi tu penses tout le temps.

Can't live with it, can't live without it. animus an(im)us.




Journal de bord de la Capitaine - voyage initiatique

18 05 2009

Il m'a dit :

- En ce moment, chaque jour, tu dois renaître à toi-même. Chaque mort est une porte. Si tu ne veux pas rester là à stagner tu dois passer le seuil de ces portes peu importe à quel point le mort peut être effrayante. En ce moment ton voyage initiatique consiste à passer le seuil des portes de pièces de plus en plus réduites dont les murs se referment sur toi. Bon voyage.

 

 

 




Journal de bord de la Capitaine - Méditations sous la lune

13 05 2009

Foi, incroyance, rumeurs colportées, Coran, Torah, Evangile prescrivant leurs lois…A toute génération ses mensonges que l’on s’empresse de croire et consigner. Une génération se distinguera-t-elle, un jour, en suivant la vérité?  - Al - Ma'arri

 

dans son sillage

Sous la lune, je médite ce que j'ai entendu au creux de ce coquillage là, ramassé au hasard d'une plage.  Fragile coquille que l'ego pour les bernard l'hermite que sont les humains. La sagesse résiderait-elle dans le choix de l'attitude juste au bon moment, avec la bonne personne, ou plutôt de suivre sa nature profonde douce ou dure et se laisser comme les galets polir aux contacts des autres, doux ou durs?

 La lune ne me dira rien.




Journal de bord de la Capitaine - entrée sans titre

02 05 2009

 http://www.goear.com/listen/c1e4004/La-mer-ma-donne-George-Moustaki

(Pour écouter La mer m'a donné (et d'autres titres de Moustaki si vous le désirez) vous n'avez pas besoin de vous enregistrer. Relaxez et laissez-vous simplement dériver dans le texte ci-dessous jusqu'à ce que la page soit toute téléchargée.)

 

''Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau  et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime. Vous connaissez sans doute un voilier nommé désir.''

Henri Laborit - Éloge de la fuite




Journal de bord de la Capitaine - à la recherche de l'animus perdu

13 04 2009

J'ai besoin de m'encrer. Au poids des mots. M'ancrer au voyage. Sinon je flotte au-dessus du bateau, au-dessus de la destination. Beaucoup trop d'intérêts me dispersent, je commence sans finir et je ne veux pas finir sans avoir terminé, même si là oû je vais me mènera irrémédiablement ailleurs. Oû je devais aller. Je le sais déjà et c'est pourquoi mon intuition est une telle arme blanche à deux tranchants (à quoi bon se rendre puisque je vais ailleurs de toute façon? Mais si je ne me rends pas là oû je ne devais pas aller, je n'arriverai jamais ailleurs. J'ai besoin de logique pour me rendre, même si c'est l'intuition qui me guide). Que peut bien être l'âme d'un fantôme ami qui ne se manifeste plus? Un genre de fantôme mort, comme peuvent l'être les piles électriques. L'âme d'un fantôme ami vivant est de l'énergie lumineuse. Mâle, tiens lieu d'animus - le reflète comme les aurores boréales? Poser la question c'est y répondre. Pourquoi cette lumière-énergie là et pas d'autres, alors? Mystère. Quoi qu'il en soit, j'ai besoin de l'énergie active de l'animus dans mon âme pour fonctionner en ce moment et je suis donc en train d'apprendre - à la dure (mais je le perçois comme ça simplement par manque de virilité interne (je suis vraiment fife, parfois, à l'intérieur, c'est pas drôle mon cas), il faut dire, ensuite, lorsque j'aurai trouvé et intégré une part de l'énergie de mon ombre-animus, je me rirai de la situation, lorsque j'aurai intégré une partie de cet animus, sans doute trempant dans l'inconscient collectif aussi - on ne fait jamais une telle démarche tout d'un coup. Je ne crois pas du moins. On s'étoufferait avec, non?).

Mon bateau n'est pas vert et blanc et je suis la capitaine, seule maîtresse à bord après Dieu.  Elle rêve d'un prince charmant, moi je trouve ça sexiste de faire porter aux hommes le poids d'un idéal impossible à atteindre, du moins sinon à atteindre (car c'est possible durant la phase de la séduction) du moins à maintenant 24 heures sur 24 dans une relation de couple à long terme. Pourtant c'est possible de cultiver le romantisme comme les fleurs, mais bon je m'éloigne de mon sujet. Et d'ailleurs qui, homme ou femme, ne mourrait pas d'inanition de vivre d'eau de rose au quotidien?). Et pourtant. C'est une chanson de femme en quête de son animus à mon oreille. J'écoute, peut-être y puiserai-je l'inspiration dont j'ai besoin pour trouver le mien. Pas mon compagnon de voyage. Mon animus. Mais est-ce que je ne mèle pas les deux lorsque je dis que je cherche l'un, c'est l'autre, trop souvent? Alors que ce n'est pas interchangeable. Un animus n'est pas un compagnon de vie et un compagnon de vie n'est pas un animus. J'ai besoin de l'animus, absolument, du compagnon de voyage, pas nécessairement, mais ça aiderait.

Je sors cette chanson d'une période de temps oû tout ça n'étaient pas des préoccupations pour moi. Jung dit que c'est dans la deuxième moitié de la vie qu'on s'individualise, qu'on intègre son ombre. Je serais comme à coller les morceaux pour terminer le puzzle que je suis avant ma mort?

Téka.

Comme dirait mon iroquoise intérieure.

Tel que mon âme le perçoit en ce moment. Saisissons-le car dans un instant, la donne sera autre, du fait d'avoir joué cette partie.

Chanson pour un animus : Moi si j'étais un homme (Diane Tell)




Journal de bord de la Capitaine - ''Eli, Eli, lema sabaqthani''

12 04 2009

''Je suis la voie, la vérité et la vie''

Combien de fois est-ce que je suis morte à moi-même et que j'ai ressuscité dans cette vie?  Combien d'agonies dans la peine, la souffrance, la solitude, le rejet, le mépris, la négation de ma vérité, de la part divine de mon humanitude? Combien de fois me suis-je sentie abandonnée par tous les Eli de ma vie? Pour quelques secondes, quelques heures, plusieurs jours?

Et vous?

La vie n'est que passages, une suite de petites et grandes morts dans le courant du Grand Fleuve de la Vie, dans lequel on ne se baigne jamais deux fois en étant la même personne (''kin toé'' Héraclite). Sourire

Je ne suis qu'une succession d'états d'êtres différents. Je ne suis pas celle que j'étais il y a 10 ans, 5 ans, 1 an, je ne serai pas celle que je suis - si Dieu me prête vie - dans 1 an, 5 ans, 10 ans. J'aurais d'autres "morts'' (parfois paisibles et parfois non) à traverser et d'autres ''vies'' à explorer.

Je n'ai pas l'intention de résister ni à mes morts ni à ma Vie.

Je ne me baignerai jamais deux fois dans le même fleuve non plus (merci Héraclite) et je ne m'opposerai pas non plus aux courants de vie, je vais plutôt accorder ma volonté en harmonie à celle plus puissante de la Vie, océan immense dans lequel je navigue et non le contraire. Ainsi, je vais suivre les vents, utiliser les courants, naviguer en synergie.  Je comprends que la seule volonté humaine coupée du tout, si je ne l'accorde pas avec l'Univers est un instrument qui entrave le voyage.

Je comprends l'importance de mourir à ce qui a été pour mieux vivre ce qui est.

Joyeuses Pâques à tous.




Journal de bord de la Capitaine - Voulez-vous (à votre choix) avec moi ce soir?

01 04 2009

Premier avril, pluie, vieilles chansons française et écailles de tortues. Je suis barricadée à double tours dans ma cabine. Après plusieurs heures agréables et quelques minutes désagréables sur le pont. Je m'en serais presque plainte si je ne l'avais pas réalisé en l'écrivant. Il pleut, c'est humide, gris et j'ai froid. J'ai beaucoup de choses à lire et à faire. Mon présent est comme un homme avec lequel je serais tombée face à face par hasard et à qui je chanterais : voulez-vous coucher avec moi, ce soir? Je suis Lady Marmelade. Je t'offrirai des perles de pluie venues d'une journée où il a trop plu (ne me quitte pas, ne me quitte, pas ne me pas) il pleut c'est humide, gris, et j'ai froid. Pour rythmer le bruit humide de l'eau qui tombe depuis le jour sans parvenir à laver, ni même entamer le gris dont l'après-midi est imbibé uniformément, une autre vieille chanson française. Et je vais monter le chauffage. 

http://www.youtube.com/watch?v=__3fHH3Vy24

 




Journal de bord de la capitaine - la femme tatouée

27 01 2009

J'ai un tatouage maintenant. Comme tous les marins.

Mes mains sont tatouées de l'encre bleue qui coule de mon stylo Pilot Hi-Tecpoint 0.5. C'est comme si je m'étais fait tatouer, disons, la carte aux trésors de mon pirate personnel (non ce n'est pas ce que vous pensez!) sur les paumes de la main et une aile de corbeau sur le côté du pouce et sur la peau palmée entre le pouce et l'index de la main droite. Il m'a dit "tu fais partie de mes poupées russes, que je le veuille et que tu le veuilles ou non". Je ne sais pas ce que ça veut dire. Il se comprend. Probablement que ça veut dire qu'une femme a mené à une autre qu'il n'aurait pas rencontrée si l'autre d'avant n'avait pas été celle-là et pas une autre. Les poupées russes font toujours partie d'une série comportant un même thème. Je ne sais pas ce qu'il voulait dire. Il se comprend. Je crois comprendre, c'est tout. Il m'a dit aussi "même s'il est bien convenu depuis toujours (sauf à la toute origine) qu'il n'y a rien d'amoureux entre nous". Ça je comprends bien et tout. Je vous dirai aussi ceci : ses trésors existent parce que je les ai déjà eus. J'ai eu cette chance. Mais non ce n'est pas non plus ce que vous croyez! (obsédés). La carte est un rappel tracé en filigrane sur mes lignes de vie. Cet après-midi un pasteur qui vendait - trop cher - des poupées russes de toutes les sortes et de toutes les tailles pour financer un organisme de charité qui venait en aide aux familles dans le besoin a croisé ma route. J'ai acheté - trop cher, mais c'est pour la bonne cause - un porte clé au bout duquel pend une petite matriochka toute pimpante en souvenir de tout ce que je ne comprendrai jamais dans les relations homme-femme. Je n'arrive pas à me décider avec quelle(s) clé(s)... elle a fini par échouer au fond de mon sac. Il n'y aura jamais de clé pour ça. Je me demande comment et à qui dans quelle famille, elle apportera sa minuscule contribution de vie à venir, du fin fond de mon sac et de la chaine de solidarité humaine dont elle est un anonyme quoique souriant maillon de bois sans importance.

La nuit tombe. La mer est calme. C'est une nuit sans lune. Je tiens la barre et je n'ai pas l'impression d'avancer beaucoup. Pourtant, je dois arriver à la date fixée sous peine de perdre ma cargaison. Je dois faire voguer ce navire, avancer autant que possible, ce soir.

Je fais vraiment un très beau voyage en ce moment. Sans doute parce que je me sens étrangère à tout et à tous en ce moment. Ou presque. Tout ce qui n'a pas changé dans ma vie, tout mon connu et mon familier est entré dans une ère nouvelle. Et je fais un beau voyage aussi sans doute à cause de ce sentiment de légèreté et de liberté que j'ai, que je n'ai pas ressenti depuis vraiment très longtemps, et qui ressemble beaucoup au bonheur pour moi. Deux phénomènes qui arrivent en parallèle plutôt que de cause à effet. Du moins c'est comme ça que je le ressens.




Journal de bord de la capitaine - ces jours derniers

26 01 2009

Je me comprends. Je fais semblant que je n'ai besoin de personne en attendant d'arriver. Je sais où je vais, mais les cartes ne sont pas toutes précises, j'en ai peur. Je verrai. Rien ne me déboussole, je ne me sens pas déboussolée, ni par la traversée en solitaire, ni par les tempêtes, ni par le fait que je me parle toute seule devant un ordinateur en tant que capitaine et en appelant ça écrire un journal de bord. Je suis au large, il n'y a que le voyage et moi. Je suis au milieu de nulle part, tout est nouveau, sauf le navire, et les passagers qui commencent à m'être un peu familiers, mais ne le seront jamais vraiment, c'est pourquoi je me sens si bien. Présences et distance. À une distance confortable la chatte dort sur mes documents de cours, dort si bien, étendue de tout son long que c'est une inspiration à la paresse. Mais le temps n'est pas à la paresse, et vogue le navire. Je fais un beau voyage.




Journal de bord de la capitaine

20 01 2009

Ma vie est un sport extrême microscopique. Ma silhouette d'adolescente à la tête de femme-de-l'autre-versant-de-la-colline se reflète dans les vitrines avec le soleil et la blancheur du jour. Je vois bouger mes jambes bottées jusqu'aux cuisses redevenues minces, élastiques et sûres, ce sont celles à présent, de nouveau, du passé, revenues, éternelles et je ne comprends pas comment je peux me réveiller et être déjà si tard : j'ai des cheveux argents qui ne veulent pas redevenir noirs. Je suis très verte pour un vieillard. Peu importe. Les vieux n'ont pas de sexe. Mes jambes s'activent, infatigables, ma tête est comme un cheval qui dort debout, j'entends mon cerveau ronfler, comme le bruit doux d'un chat qui ronronne. Il fait blanc et bleu, blanc et bleu, blanc et bleu. Hier il tombait des poussières de diamants dans le soir noir, sous les lampadaires et ce matin il tombait des poussières de diamants dans le matin aussi noir que la nuit, sous les lampadaires, ma vie est riche de rien du tout mais elle est belle et mes coffres sont remplis à craquer de projets fabuleux. Tous les châteaux de sable que j'avais construits pour les abriter ont été détruits par la marée qui est venue et par la marée qui est partie. Venir partir. Et vous voilà sur le sable parmi les illusions qui scintillent comme des diamants sous le soleil que la marée emporte sans que vous y puissiez quoi que ce soit, mais les coffres, eux, les coffres chargés et pleins, sont restés, ancrés. Comme des navires qui attendent les passages à embarquer. Je voyage n'est pas fini. Incrédule de chaque éclat de chance que les replis des revers cachent dans leurs destins, de chaque éclat de verre avec lesquels la chance taillade ma chair, je n'essaye plus de cueillir le reflet des étoiles sur le sable mouillé, et je veux écrire la vie souple des étoiles de mer avant qu'elles ne soient figées.